dimanche 6 mai 2012

Le centre droit c’est nous !


 Il est plus impératif que jamais que se reconstruise un centre droit libéral fier de ses valeurs de tolérance, de liberté et de responsabilité individuelle
article publié sur contrepoints

Appelons un chat un chat : Nicolas Sarkozy fût, tout comme ses adversaires de gauche et d’extrême droite le sont encore, un partisan de l’état fort, un ultra étatiste. 

En refusant de rompre avec cette logique de l’état fort, Nicolas Sarkozy a précipité sa défaite de deux façons : il s’est battu sur le terrain de ses adversaires et il a cru, et fait croire, qu’ont peut redresser le pays en se contentant de placer des rustines sur un Etat providence sur gonflé d’endettement et qui asphyxie l’économie en taxant tout.

L’élection la plus importante de ce soir n’est pas celle qui a eu lieu en France mais celle qui voit la nation Grecque se désintégrer. Le trop d’Etat n’est pas seulement un inconvénient, son surpoids n’est pas seulement une variable à ajuster. Non le trop d’Etat ronge progressivement les forces civiles d’une nation, déresponsabilise des franges entières de la population pour ensuite lâchement les abandonner quand il s’agit de rembourser les dettes.

Il ne s’agit pas de comparer la Grèce à la France, mais qui peut affirmer que la politique économique pratiquée durant ces deux dernières années en Grèce ne sera pas celle  que nous connaîtrons en France : caisses vides, investisseurs suspicieux, marges de manœuvre ultra réduites, coupes à la serpe dans les budgets pour tenter de réduire la part de l'état (et ce malgré les promesses du contraire faites par le président à peine élu durant sa campagne), mauvais arbitrages, chômage de masse et désarroi profond d’une grande partie de la population qui se sentira de plus en plus abandonnée.

On ne guérit un mal qu’en s’en prenant à sa cause. Et ceci seul nous les libéraux sommes capables de le faire. L’enjeu des prochaines années n’est donc pas, comme vient de le dire le nouveau président de la république dans son discours de Tulle,  de « redresser la production pour sortir le pays de la crise », ni même de « réduire notre déficit pour maitriser la dette »  et encore moins « d’assurer à tous le même accès aux service publique ».

L’enjeu c’est de faire en sorte que les forces vives de notre pays, et il y en a de nombreuses, retrouvent leur capacité d’action libre et responsable.  Ne parlons donc pas de "production", parlons d'entrepreneuriat. Ne parlons pas de "maitrise de la dette", mais d’état qui n’assiste plus et donc qui ne sur-dépense plus. Ne parlons pas "d’égalité d’accès aux services publics" mais plutôt libérons les énergies des Français en les laissant libre de disposer de leur salaire complet sans se voir prélever des charges sociales prohibitives et de moins en moins protectrices.

La Grèce nous indique quel est le grand scandale à venir contre lequel il faut se prémunir: l’abandon de la nation par les élites politiques sans visions, qui ne faisaient des promesses de providence et de justice sociale que pour renforcer le pouvoir d'un état ultimement prédateur. Qui par son action génère l’extrémisme doit être vivement combattu.

Ne pleurons donc pas la défaite de la droite interventionniste et tirons la leçon de cette élection : la nécessité absolue, car nationale, que se reconstruise un vrai centre droit libéral, digne de ce nom, fier de ses valeurs de tolérance, de liberté et de responsabilité individuelle (telles que décrites par exemple dans l’excellente charte libérale rédigée par l’Union des Libéraux) et ultra combatif contre les solutions à base d'état fort que prône la gauche comme l'extrême droite et … l’UMP.

Une sainte colère doit monter chez les libéraux: commençons par reconstruire le centre droit car ils nous appartient. Que les ultra étatistes du centre, et notamment  François Bayrou mais pas seulement lui, se rendent ailleurs. Les choix qui s’offrent à eux ne manquent pas d’ailleurs. Ils n’ont qu’à rejoindre le Parti Socialiste, l’UMP, ou même le front national. Mais qu’ils arrêtent de dénaturer notre espace politique en l'occupant à notre place. Il n’y a pas, il ne peut y avoir de centre droit qui ne serait pas libéral.

© Tous droits réservés 2012 Bruno Levy

samedi 5 mai 2012

Oh oui soyons plus solidaire !


Voter pour Hollande ce serait voter 
pour une société plus fraternelle et plus solidaire ? 
Vraiment ?
article publié dans contrepoints

Le programme proposé par la gauche n’est absolument pas le programme de solidarité  et de fraternité pour lequel certains français croient qu’ils vont voter.

Pour le comprendre recensons brièvement les possibilités qui s’offrent à notre pays pour être encore plus solidaire qu’il ne l’est actuellement :

1)   Puisque l’état est surendetté on ne peut pas emprunter plus pour le faire...
2)   On pourrait prélever plus d’impôt aux français? Manque de bol ils sont déjà surchargés par l’impôt.  Prenons un « riche » français pour qui son employeur paye 4000 euros, à la fin compte tenu des charges patronales, salariales, de l’impôt sur le revenu et des autres impôts indirects ( TVA qu’il paye pour ses achats, etc.) c’est environ 1700 euros qui lui restent. Soit un peu moins de 45%. Ce qui prouve deux choses : ce français est déjà pas mal solidaire des autres, et qui plus est cela semble difficile de lui prendre encore plus d’argent.
3)   On pourrait « faire payer les riches » selon l’expression consacrée? Petit problème, même François Hollande a reconnu qu’il n’y avait pas assez d’argent de ce côté là. Les taxations à 75%, c’est juste du symbolique pour que tout le monde se sente plus solidaire, par contre en terme d’argent sonnant et trébuchant cela devrait suffire pour rembourser à peine quelques mois de déficits de sécurité sociale, et encore.
4)   On pourrait juste imprimer des billets de banques? Oh oui ! Quelle extraordinaire bonne idée : la justice sociale et la solidarité par l’inflation!! Malheureusement des hommes comme Bérégovoy (un grand homme de "droite" comme chacun sait... et en réalité un des meilleurs ministres des finances que nous ayons eu) ne se sont pas trompés lorsqu'ils nous ont expliqué il y a vingt ans que l’inflation était la chose la plus antisociale au monde... Sans compter que, l’hyperinflation aidant, le nombre de personnes qui vont passer au delà du seuil de taxation pour l’impôt sur la grande fortune risque de croitre. Mais ne changeons pas de sujet…

En vérité: nous vivons déjà dans l’un des pays qui fait le plus d’efforts possibles pour la solidarité et l’égalité. Si les résultats de ces efforts déplaisent à certains (ce qui est parfaitement leur droit) cela ne veux pas dire que les Français ne font pas **déjà** des efforts monumentaux pour être solidaires.

On ne peut pas appeler pour plus de solidarité sans tenir compte du contexte de surendettement  et de sur développement de l’Etat dans lequel notre pays baigne. Je suis né il y a presque 50 ans et l’école publique alors c’était nos parents qui la payaient (car pas ou peu de dette publique essentiellement). Aujourd’hui nos enfants ne sont même pas encore entrés à l’école qu’il est prévu qu’ils devront rembourser l’argent que notre Etat a emprunté … pour assurer cette soi-disant solidarité justement.

Dans ce contexte il importe de se poser les questions suivantes :
·      Est ce vraiment en faisant croître la dépense nationale administrée par l’Etat (et par conséquent l’impôt) que l’on va changer les choses ?
·      En quoi le recrutement de 60,000 fonctionnaires de plus sera il un gage de solidarité envers les français les plus pauvres ?
·      En quoi le maintien non seulement du nombre mais des privilèges (en terme de retraites notamment) des fonctionnaires est il une «promesse» de justice sociale envers des autres français moins favorisés?
·      En quoi la hausse continue du Smic va-t-elle aider les jeunes entreprises à créer des emplois ?
·      En quoi la généralisation de l’assistanat va-t-elle réduire le surendettement de l’état ?
·      En quoi augmenter la dépense publique représente un avantage de fraternité ? Faut il plus de dépenses de sécurité sociale ? Plus de retraités ?
·      Y a t il possibilité d'une économie « sociale et solidaire » sans développement de la prospérité ? La continuation de la  croissance parallèle de l'assistanat et du surendettement publique peut elle permettre à notre pays de renouer avec la prospérité ?
·      Faut il attendre que l’on ait des jeunes femmes qui abandonnent leurs enfants et qui se prostituent dans la rue (comme en Grèce et en Espagne) pour comprendre que l’état (qui occupe 55% de l’économie) accapare tout et qu’il faut que cela cesse. ?

Certes, faire peur aux gens n’est pas bon pour la démocratie mais se cacher la réalité non plus. Dire que l’état est surendetté et qu’il est actuellement prévu qu’une grande partie de cette dette sera payée par nos enfants c’est juste décrire les choses telles qu’elles sont et dire que les nouvelles possibilités de solidarité qu’on nous « vend » n’existent pas c’est juste appeler un chat un chat.

La réalité est  que nous sommes en face d’un véritable machiavélisme social, dont les haut-fonctionnaires français sont les spécialistes, qui consiste à faire croire que toute dépense publique est une dépense solidaire et bonne pour le pays.

En vérité il n’y a pas, il ne peut y avoir dépense solidaire si tout le monde est assisté.  On nous vend un « idéal de fraternité » en nous faisant croire que nous pouvons presque tous être libres sans être responsables. Ce genre d’illusion ne peut finir que dans la violence et la recherche de boucs-émissaires…bel idéal en effet.

Il n'est pas vrai que le dépôt d'un butin de vote dans une urne est un acte anodin et réversible cinq ans plus tard. En votant on transforme le pays. Les politique qui seront mis en œuvres auront un impact sur les mentalités -- sur la généralisation de l ‘assistanat notamment. Les conséquences du vote pour François Mitterrand en 1981 (pour qui j'avais voté) ont des conséquences encore aujourd'hui...à travers l'assistanat et le surendettement public notamment.  

© Tous droits réservés 2012 Bruno Levy